{"id":1194,"date":"2014-04-26T20:16:46","date_gmt":"2014-04-26T18:16:46","guid":{"rendered":"http:\/\/alessiodelfino.com\/?p=1194&#038;lang=fr"},"modified":"2024-01-11T11:38:09","modified_gmt":"2024-01-11T10:38:09","slug":"photographier-les-yeux-fermes-rever-les-yeux-ouverts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/photographier-les-yeux-fermes-rever-les-yeux-ouverts\/","title":{"rendered":"photographier les yeux ferm\u00e9s r\u00eaver les yeux ouverts"},"content":{"rendered":"<p><strong>L<\/strong>a <strong>V<\/strong>ision <strong>G<\/strong>recque de <strong>A<\/strong>lessio <strong>D<\/strong>elfino<\/p>\n<p><strong>P<\/strong>hotographie entre <strong><em>L<\/em><\/strong><em>ebenstanz <\/em>et <em><strong>T<\/strong>otentanz<\/em> par <strong>V<\/strong>iana <strong>C<\/strong>onti<\/p>\n<p><em> <\/em><\/p>\n<p><em>La danse peut r\u00e9v\u00e9ler tout ce que la musique contient.<\/em><\/p>\n<p><strong>C<\/strong>harles <strong>B<\/strong>audelaire<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Je ne croirais qu\u2019un dieu qui sait danser.<strong>..<\/strong> Allons tuer l\u2019esprit de gravit\u00e9 ! Maintenant je suis l\u00e9ger, maintenant je vole, maintenant je me vois sous moi, maintenant c\u2019est un dieu qui se sert de moi pour danser.  Ainsi parlait Zarathoustra.<br \/>\n<\/em><strong>F<\/strong>riedrich <strong>N<\/strong>ietzsche<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alessio Delfino, artiste italien, fran\u00e7ais d\u2019adoption, d\u00e9cline le Corps, dans le cycle portant le titre de <em>R\u00eaves\/R\u00eaves<\/em>, \u00e0 la fois comme surface qui se d\u00e9ploie dans le processus de son devenir dans l\u2019espace et comme film qui appara\u00eet dans son disparire. Disv\u00e9lation, et donc <em>Apokalypsis<\/em>, et en m\u00eame temps voile fluide, transparent et l\u00e9ger, dans lequel le poids de la physicit\u00e9 corporelle se fait lumi\u00e8re, \u00e9criture&#8230; \u00e9criture de lumi\u00e8re. Le langage photographique rejoint ainsi l\u2019\u00e9tyme grec de <em>ph\u00f2s-phot\u00f2s et graph\u00eca<\/em>, se profilant dans la continuit\u00e9 du dessin, dans l\u2019abstraction r\u00e9currente du signe. En se retranchant de la repr\u00e9sentation du corps dans sa pl\u00e9nitude, l\u2019auteur ne cesse au contraire de l\u2019ouvrir dans son mouvement, sa trace, sa m\u00e9moire, son d\u00e9sir, son parcours d\u2019acquisition et de connaissance. Si l\u2019on peut parler de nu, \u00e0 propos de son travail, il faut cependant relever que la nudit\u00e9 absolue qui nous est pr\u00e9sent\u00e9e est celle de la disparition du r\u00e9el, exprim\u00e9e dans le r\u00e9cit de ses plis. Dans ses sc\u00e9narios, qui se structurent comme des sutures de situations oscillant entre le sommeil et la veille, Alessio Delfino fait danser la femme, sur l\u2019\u00e9cran fluide de son imaginaire, comme figure incontournable de l\u2019origine, arborescente, g\u00e9n\u00e9alogique, noyau g\u00e9n\u00e9ratif renvoyant \u00e0 des caract\u00e9risations morphologiques paracristallographiques. On retrouve dans le travail la r\u00e9f\u00e9rence au principe du f\u00e9minin comme mythe v\u00e9nusien, comme arch\u00e9type de la f\u00e9condit\u00e9 cr\u00e9ative de l\u2019\u00eatre, comme conjugaison d\u2019<em>Eidos<\/em> avec <em>Eidolon<\/em>, d\u2019id\u00e9e avec image, de forme avec contenu.<\/p>\n<p>Ce photographe ind\u00e9cide a identifi\u00e9 dans le corps f\u00e9minin, non pas une victime sacrificielle, mais son champ s\u00e9mantique o\u00f9 peut retentir la proph\u00e9tie de l\u2019oracle delphique, la lumi\u00e8re de la v\u00e9rit\u00e9 et de la connaissance. <em>Eros<\/em> et <em>Thanatos<\/em>, \u00e9nergies originelles et destin\u00e9es, ne cessent pas, \u00e0 chaque \u00e9tape de l\u2019\u0153uvre d\u2019Alessio Delfino, de croiser leurs regards, de conjuguer le d\u00e9sir de la beaut\u00e9 avec le d\u00e9sir de la connaissance, avec les lumi\u00e8res et les ombres de l\u2019\u00catre. Dans <em>R\u00eaves<\/em> l\u2019artiste met en \u0153uvre un plateau photographique qui r\u00e9pond \u00e0 une ph\u00e9nom\u00e9nologie imaginative et projective de signe onirique, visant \u00e0 transcrire, dans un sc\u00e9nario visible, d\u2019une beaut\u00e9 in\u00e9narrable mais aussi de myst\u00e8re inqui\u00e9tant, l\u2019univers invisible des pens\u00e9es latentes, les \u00e9meutes des associations des profondeurs, les fuites de la r\u00e9alit\u00e9 dans les divagations visionnaires de l\u2019esprit. Attir\u00e9es par des vortex temporels inexplor\u00e9s vers des zones \u00e9loign\u00e9es d\u2019un espace subliminal, vers des dimensions insaisissables de l\u2019\u00eatre, des cr\u00e9atures aux corps magnifiques, en fusionnant leurs membres moelleux les uns avec les autres, donnent naissance \u00e0 un mutant aux tentacules de m\u00e9duse, \u00e0 la peau tatou\u00e9e de serpent, aux yeux hypnotiques, p\u00e9trifiants comme le regard de Gorgone : mat\u00e9rialisation non loin des roses fantasmes lucif\u00e9riens des fr\u00e8res anglo-saxons Jake &amp; Dinos Chapman.<\/p>\n<p>En dessinant un arc, entre apex et chute, la pulsion cr\u00e9atrice d\u2019Alexis Delfino semble pr\u00e9luder \u00e0 celle destructrice, \u00e0 pr\u00e9sager, dans la fusion inextricable des arts et des ventres, encore d\u2019<em>\u00c9ros et de Thanatos<\/em>, le retour dans un \u00e9tat involutif, pr\u00e9organique, inanim\u00e9, Un cimeti\u00e8re d\u2019avertissement, sous-jacent au d\u00e9cor symbolique des <em>Vanitas<\/em>.<\/p>\n<p>Dans le mouvement du corps f\u00e9minin, l\u2019artiste dessine l\u2019id\u00e9e de la M\u00e9tamorphose, la forme du Temps, les plis, pitoyables et impitoyables de l\u2019existence, les apparences changeantes d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. Le cycle, expos\u00e9, intitul\u00e9 <em>Metamorphoseis, <\/em>2007<em>,<\/em> o\u00f9 Delfino donne corps, entre mythes et rites, \u00e0 un non-lieu physique, \u00e0 ce mutant f\u00e9minin qu\u2019il assume, de sujet en sujet, <em>grandeur nature<\/em>, l\u2019apparence de onze d\u00e9esses de l\u2019Olympe, rev\u00eatues toutes, uniform\u00e9ment, d\u2019une patine dor\u00e9e, dans laquelle est, fatalement, inscrit un v\u00e9cu professionnel, psychique, astrologique, humain-trop humain. A travers la Beaut\u00e9 de la Femme, l\u2019artiste lui-m\u00eame se transforme en objet de son d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Les images, \u00e0 partir de leur persistance sur la r\u00e9tine, s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent, se donnant comme des vibrations imperceptibles dans l\u2019espace. Le corps nu de la femme, cultiv\u00e9 dans la performativit\u00e9 de la danse &#8211; voyage initiatique, rituel archa\u00efque, moment sc\u00e9nique, \u00e9piphanie, selon les diff\u00e9rents cycles d\u2019Alessio Delfino, sans exclure celui de signe \u00e9sot\u00e9riqueth\u00e9osophique &#8211; ne cesse pas d\u2019entrer dans un espace liquide \u00e0 la taille d\u2019un an. La m\u00e9moire du mouvement, d\u2019un ou plusieurs corps dans l\u2019espace, se per\u00e7oit, dans son \u0153uvre photographique, comme dans l\u2019\u00e9coute d\u2019un texte musical. La r\u00e9sonance du d\u00e9but entre dans le d\u00e9roulement de la composition, pour s\u2019accomplir dans la finale, en abaissant une onde de retour qui stimule l\u2019intelligence \u00e9motionnelle de l\u2019ensemble. Les repr\u00e9sentations photographiques du mouvement, de ce chercheur en beaut\u00e9, \u00e0 travers l\u2019innovation technologique, se donnent dans l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 d\u2019une vision d\u2019ordre symphonique. Le spectateur, face \u00e0 une \u0153uvre, qu\u2019on peine \u00e0 percevoir comme photographique, saisit les traces mnestiques d\u2019un corps repris, de prise de vue en rafale, dans le mode d\u2019un mouvement oxymoriquement immobile. Comme dans la structure m\u00e9lodique d\u2019une \u00e9chelle musicale &#8211; dans l\u2019arc d\u2019une ou plusieurs octaves &#8211; la po\u00e9tique d\u2019Alessio Delfino na\u00eet de la d\u00e9clinaison, ascendante ou descendante, d\u2019une image fixe, d\u2019une succession de poses, fr\u00e9quences, intervalles, pauses, d\u00e9tachements, silences.<\/p>\n<p>Son parcours photographique, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990, s\u2019ins\u00e8re dans la m\u00e9tahistoire d\u2019une image cin\u00e9tique, r\u00e9elle ou virtuelle, qui trouve ses origines dans Muybridge et Marey, et ses expressions artistiques dans les mouvements du cubisme et du futurisme. Son cycle des <em>R\u00eaves<\/em> est le premier processus radicalement num\u00e9rique, commenc\u00e9 \u00e0 la fin de 2012. Une impression visuelle imm\u00e9diate, semble restituer la totalit\u00e9 physique du corps ou des corps, dans leur mouvement dans l\u2019espace, tandis qu\u2019\u00e0 bien y regarder, on peut retrouver des points de contact surprenants avec le processus de synth\u00e8se de l\u2019image cubiste. En effet, en d\u00e9construisant la structure composite de parties du corps, dans lesquelles l\u2019apparition et la disparition s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent, on d\u00e9couvre que Dauphin restitue l\u2019effet optique de la transparence des membres, en mettant en \u0153uvre le mode de fusion. On parle pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019interp\u00e9n\u00e9tration et de fusion, jamais de chevauchement, dont le r\u00e9sultat serait l\u2019opacit\u00e9 et la lourdeur des points de contact. Pour mieux visualiser ce parall\u00e8le, il serait utile de se r\u00e9f\u00e9rer, \u00e0 titre d\u2019exemple simple<em>, aux Demoiselles d\u2019Avignon<\/em> de Picasso ou au <em>Jeune homme triste dans un train<\/em> de Duchamp. Il a pris ses distances avec les \u00e9l\u00e9ments composites de cubes, triangles et ar\u00eates de ces ma\u00eetres d\u2019avant-garde, pour se concentrer, dans la lecture, les cercles, les lignes et les sinuosit\u00e9s de ce photographe contemporain, on rel\u00e8ve d\u2019autres similitudes et correspondances dans la neutralit\u00e9 recherch\u00e9e des valeurs tonales, dans l\u2019abandon du rendement prospectif au profit de la repr\u00e9sentation graphique, \u00e0 effet tapisserie, dans la r\u00e9sorption de la figure au fond, intention et r\u00e9sultat confirm\u00e9s par l\u2019utilisation d\u2019un papier aquarelle \u00e0 base de coton. L\u2019artiste parle en effet de d\u00e9saturation de la couleur, de d\u00e9construction de l\u2019installation structurelle en direction d\u2019un r\u00e9cit. Delfino poursuit, dans le processus d\u2019impression num\u00e9rique, des zones d\u2019uniformit\u00e9 entre l\u2019image et le fond, obtenant le r\u00e9sultat d\u2019une att\u00e9nuation du contraste du clair-obscur, d\u2019une diffusion du luminisme sur le film tactile du support. D\u2019un corps r\u00e9el na\u00eet la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un corps imaginaire qui s\u2019ouvre en \u00e9ventail, s\u2019\u00e9panouit en une corolle, s\u2019\u00e9paissit en un tronc, explose en une \u00e9toile. Les jambes fl\u00e9chissent parfois dans le vide, les mains et les bras dans l\u2019espace. Les cheveux raides, au vent ou en chute, imitent la fluidit\u00e9 de l\u2019aquarelle, redessinent l\u2019horizon d\u2019un <em>continuum<\/em> de <em>visage\/paysage<\/em>, d\u00e9sormais \u00e9paissis maintenant diss\u00e9min\u00e9s.<\/p>\n<p>En entrant visuellement dans l\u2019agglom\u00e9ration des corps, num\u00e9riquement model\u00e9s, on pourrait aussi y lire une intention sculpturale jamais assoupie, remontant \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Hasselblad, des photographies carr\u00e9es, aux sels d\u2019argent, en noir et blanc, quand l\u2019artiste, aux d\u00e9buts, \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990, il a travaill\u00e9 \u00e0 la recherche radicale d\u2019abstraction et \u00e0 la mod\u00e9lisation de figures ac\u00e9phales, tr\u00e8s claires et \u00e0 tr\u00e8s haute d\u00e9finition. Alessio Delfino ne cesse de mettre en \u0153uvre les conditions de possibilit\u00e9 d\u2019un geste du photographe qui se mesure avec les dimensions temporelles du <em>Kr\u00f2nos<\/em>, comme un \u00e9coulement imparable, et de l\u2019<em>Ai\u00f3n<\/em>, comme immobilit\u00e9 absolue, cristallis\u00e9e dans la lumi\u00e8re. <em>La Vision Grecque<\/em> attire la danse de la vie dans un parcours de connaissance, en l\u2019immobilisant sous le regard de la Gorgone, qui s\u2019approprie magiquement, comme dans l\u2019amour et la guerre, dans le <em>gamos<\/em> et dans le <em>polemos<\/em>, de l\u2019objet observ\u00e9. Ce n\u2019est pas le regard de la femme qui danse, \u00e9toile jaillie du Chaos, comme le veut Nietzsche, qui envo\u00fbte et s\u00e9duit, mais celui de l\u2019artiste qui, comme le regard du serpent et du voyant, la d\u00e9peint, la capturant dans l\u2019image, l\u2019encensant dans le d\u00e9sir, en la faisant imploser, irr\u00e9vocablement, dans la clart\u00e9 de son \u0153uvre. Comme on peut le lire dans Derrida, Alessio Delfino cherche les conditions de possibilit\u00e9 de croiser les regards avec le toucher, afin d\u2019inaugurer, visuellement, un con-tact, une rencontre entre un moi et un toi, entre un soi et un autre, entre son identit\u00e9 et l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. M\u00eame au niveau de la mati\u00e8re, son \u0153uvre stimule, synesth\u00e9tiquement, une lecture ph\u00e9nom\u00e9nologique, espac\u00e9e, glissante entre le visible et le tactile. S\u2019attardant sur le seuil bataillen de l\u2019interdiction et de la transgression, faisant d\u00e9filer devant l\u2019observateur une p\u00e2le et silencieuse procession de statues conceptuelles, de figures mentales, l\u2019artiste pratique alchimiquement l\u2019\u00e9rotisme comme une ascension et une descente de la <em>machine c\u00e9libat<\/em> un possible <em>grand verre<\/em> duchampien. Encore<em> Eros <\/em>et <em>Thanatos, <\/em>encore des visions de sculptures grecques touch\u00e9es par un aveugle, des suggestions face \u00e0 la beaut\u00e9 fissur\u00e9e de la ruine, encore Bataille \u00e9crivant<em> On peut dire de l\u2019\u00e9rotisme qu\u2019il est l\u2019approbation de la vie jusque dans la mort.<\/em> Il n\u2019est pas exclu que l\u2019artiste laisse \u00e9merger, de l\u2019int\u00e9rieur, son esth\u00e9tique apolline, ses nymphes : lointaines r\u00e9sonances de mythes, figures, symboles, puis\u00e9s dans le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019imaginaire occidental, analys\u00e9 par Aby Warburg. Ou encore, comme le soutiennent la neuroesth\u00e9tique, la biochimie, la psychologie cognitive, ses images pourraient provenir de l\u2019enregistrement mn\u00e9sique d\u2019un r\u00e9seau neuronal de engramme, se pr\u00e9sentant, inattendu, comme des hologrammes intermittents. Une connotation particuli\u00e8re de l\u2019\u0153uvre d\u2019Alessio Delfino est d\u2019\u00e9tendre la repr\u00e9sentation de sa vision du monde \u00e0 la dimension du sommeil. Un sommeil \u00e9veill\u00e9, <em>Lucid Dream<\/em>, dans la litt\u00e9rature anglo-saxonne, qui, dans la recherche de scientifiques comme Frederik van Eeden et Stephen Laberge, \u00e9labore sa propre syntaxe et sa s\u00e9mantique du r\u00eave, prenant le nom de <em>onironautica<\/em>, de ce voyage, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il explore lucidement le r\u00eave, en le conformant \u00e0 son d\u00e9sir. En parlant d\u2019activit\u00e9 hypnotisante, ce n\u2019est pas l\u2019interpr\u00e9tation freudienne des r\u00eaves ou celle jungienne des arch\u00e9types, qui implique l\u2019artiste, mais le processus cr\u00e9atif de l\u2019activit\u00e9 onirique. En effet, comme l\u2019\u00e9crit Giancarlo Pagliasso, <em>les &lsquo;r\u00eaves&rsquo; d\u2019Alessio, \u00e0 travers les \u00e9tranges architectures corporelles avec lesquelles ils se pr\u00e9sentent, sont en r\u00e9alit\u00e9 des exercices m\u00e9taphoriques ou des exp\u00e9dients figuratifs pour nous parler de la substance physique de l\u2019\u0153uvre (d\u2019art).<\/em><\/p>\n<p>Comme dans le processus d\u2019expansion et de compression de l\u2019illusionnisme anamorphique, le d\u00e9ploiement de la r\u00e9p\u00e9tition du corps, dans le mouvement de la danse, tend \u00e0 se recomposer dans l\u2019unicit\u00e9 du sujet. Dans la circularit\u00e9 de sa po\u00e9tique, on retrouve la r\u00e9versibilit\u00e9 de l\u2019un dans la multiplicit\u00e9, l\u2019inextricabilit\u00e9 entre connaissance et d\u00e9sir, le passage de la lumi\u00e8re \u00e0 l\u2019ombre, la confluence du sens esth\u00e9tique dans le sens ontologique. Fermer les yeux pour voir plus loin, voir le N\u00e9ant : impossible \u00e0 distinguer les yeux ouverts. Marcher \u00e0 travers les superbes ruines du regard, effleurant avec le d\u00e9sir inaccessible sculptures grecques, traversant les m\u00e9moires <em>d\u2019antan et de nos jours, d\u2019autrefois et d\u2019aujourd\u2019hui, Alessio Delfino, retir\u00e9 dans son atelier, ne cesse pas de<\/em> <em>Photographier les yeux ferm\u00e9s, R\u00eaver les yeux ouverts&#8230;<\/em> <em>Photographier les Yeux ferm\u00e9s R\u00eaver les Yeux ouverts&#8230;<\/em><strong> <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Vision Grecque de Alessio Delfino Photographie entre Lebenstanz et Totentanz par Viana Conti La danse peut r\u00e9v\u00e9ler tout ce que la musique contient. Charles Baudelaire &nbsp; Je ne croirais qu\u2019un dieu qui sait danser&#8230; Allons tuer l\u2019esprit de gravit\u00e9 ! 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