{"id":1016,"date":"2009-12-04T16:22:13","date_gmt":"2009-12-04T15:22:13","guid":{"rendered":"http:\/\/alessiodelfino.com\/?p=1016&#038;lang=fr"},"modified":"2024-01-08T12:33:40","modified_gmt":"2024-01-08T11:33:40","slug":"tarots-preview-femmes-dor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/tarots-preview-femmes-dor\/","title":{"rendered":"Tarots preview \u2013 Femmes d\u2019or"},"content":{"rendered":"<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Paolo Erbetta Arte Contemporanea<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Italy 71100 Foggia Via IV Novembre 2 +390881723493<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">http:\/\/www.galleriapaoloerbetta.it<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">info@galleriapaoloerbetta.it<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">19 d\u00e9cembre 2009 &gt; 28 f\u00e9vrier 2010<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">par Nicola Davide Angerame et Paolo Erbetta<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Inauguration Samedi 19 d\u00e9cembre 18,30 &gt; 21,30<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Horaires : Lundi &#8211; Samedi 11,00 &#8211; 13,00 \/ 17,00 &#8211; 20,30. le mercredi et le jeudi sur rendez-vous<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">\u00ab\u00a0C\u2019est comme si je devais lire dans la Photographie les mythes du Photographe, fraternisant avec eux, sans trop y croire\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Roland Barthes, La chambre claire<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Le double personnel \u00e0 la Galerie Paolo Erbetta expose les r\u00e9cents travaux d\u2019Alessio Delfino (1976 Savona) et Chiara Coccorese (1982 Naples), deux artistes qui \u00ab\u00a0jouent\u00a0\u00bb avec la photographie au sens litt\u00e9ral et m\u00e9taphorique : \u00ab\u00a0litt\u00e9ral\u00a0\u00bb parce qu\u2019ils aiment tous deux consacrer de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 la construction de leurs d\u00e9cors; \u00ab\u00a0m\u00e9taphorique\u00a0\u00bb parce que dans ce jeu avec la photographie c\u2019est la m\u00eame photo qui est mise en jeu dans sa nature de reproduction objective du r\u00e9el et devient projection de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Tarots est la nouvelle s\u00e9rie photographique de Alessio Delfino, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation des vingt-deux arcanes majeures du Tarot marseillais, dans la version command\u00e9e dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVe si\u00e8cle par le duc de Milan Filippo Maria Visconti qui repr\u00e9sente la plus haute expression du tarot dans les si\u00e8cles.<\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dans son travail de plus de dix ans, le jeune photographe savonais a plac\u00e9 la femme au centre de son travail comme objet d\u2019\u00e9tude. Dans les Tarots, la force du symbole s\u2019entrem\u00eale au pouvoir s\u00e9ducteur du corps. C\u2019est L\u2019Imp\u00e9ratrice le premier clich\u00e9 de cette recherche \u00ab\u00a0sapientielle\u00a0\u00bb qui interpr\u00e8te le tarot en version f\u00e9minine. L\u2019homme est soumis au destin, comme il l\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin, qui se superpose \u00e0 lui dans un jeu de renvois. Le Diable voit en sc\u00e8ne un homme soumis au pouvoir muliebre. Dans une soci\u00e9t\u00e9 la\u00efque et marqu\u00e9e par l\u2019exaltation du self made man, l\u2019id\u00e9e de destin n\u2019a gu\u00e8re suivi. En effectuant une op\u00e9ration pop, Delfino trouve le moyen de parler de ce \u00ab\u00a0destin\u00a0\u00bb qui a \u00e9t\u00e9 pendant des si\u00e8cles une v\u00e9ritable obsession culturelle pour l\u2019homme. Sans le destin, il n\u2019y aurait pas de po\u00e8mes anciens, de trag\u00e9die grecque, d\u2019astrologie et bien plus encore, y compris le Tarot. La femme fatale des Tarots de Delfino vient de l\u00e0. En utilisant le style n\u00e9o-baroque, la photographie de Delfino parle d\u2019un monde entendu comme \u00ab\u00a0grande repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb et de la vie comme un parcours d\u2019assujettissement, plus ou moins volontaire et conscient, au pouvoir du symbolique. Il le fait en r\u00e9unissant quelques rep\u00e8res, d\u2019Erwin Olaf \u00e0 Helmut Newton, en passant par David lachapelle. Si Delfino admire les atmosph\u00e8res vintage et \u00e9l\u00e9gantes, \u00e9vocatrices et myst\u00e9rieuses, il appr\u00e9cie l\u2019utilisation de mod\u00e8les dot\u00e9s d\u2019une beaut\u00e9 post-f\u00e9ministe, plus consciente et aux traits agressifs, d\u00e9cisionnistes, manag\u00e9riaux, voire sadiques.            Enfin, Delfino a un certain go\u00fbt pour le jeu, pour le clin d\u2019\u0153il et pour un baroque qui, si en lachapelle on conna\u00eet les fameux exc\u00e8s ultrapop et mani\u00e9ristes, En Dauphin, ils restent calmes pour ne pas rompre l\u2019\u00e9quilibre impos\u00e9 par le s\u00e9raphin afflig\u00e9 des cartes du destin. Une voix flateuse, celle de L\u2019Imp\u00e9ratrice, qui jaillit d\u2019une symbiose postmoderne o\u00f9 la photographie utilise toutes ses possibilit\u00e9s pour cr\u00e9er un espace o\u00f9 les sens et les symboles peuvent flotter avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dramatique, sans perdre la profondeur d\u2019une sensation originelle et sans sombrer dans les fastes d\u00e9suets de la rh\u00e9torique. Comme le fait remarquer Roland Barthes dans son livre capital, pour celui qui regarde \u00ab\u00a0c\u2019est comme si\u00a0\u00bb il devait \u00ab\u00a0lire dans la Photographie les mythes du Photographe, en fraternisant avec eux, sans trop y croire\u00a0\u00bb. La photographie de Delfino produit un tel effet de fascination non-violente, de s\u00e9duction ludique, d\u2019hilarit\u00e9 s\u00e9rieuse donnant \u00e0 l\u2019image la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre lue sur plusieurs plans.   <\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dans la s\u00e9rie Femmes d\u2019or pr\u00e9c\u00e9dente, Delfino m\u00fbrit une abstraction et une dramatisation du nu. Apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 deux s\u00e9ries \u00e0 la transformation du corps en paysage et \u00e0 la transfiguration de la viande en \u00e9criture fine de lumi\u00e8re, Delfino arrive \u00e0 une s\u00e9rie o\u00f9 il utilise la peinture dor\u00e9e sur des mod\u00e8les non professionnels, pour offrir un tissage diff\u00e9rent \u00e0 la peau et d\u00e9finir un autre rapport entre la viande, la lumi\u00e8re et la photographie. Coinc\u00e9s dans d\u2019\u00e9pais cadres dor\u00e9s, filles d\u2019un certain go\u00fbt baroque pour l\u2019exc\u00e8s, ces fragments de corps dansants deviennent des objets voluptueux et dramatiques. La consistance \u00e9th\u00e9r\u00e9e des masses, la plasticit\u00e9 des volumes corporels et l\u2019harmonie des formes d\u00e9terminent une photographie sculpturale, dans laquelle le corps assume une valeur spirituelle. Le fragment corporel permet de mieux saisir l\u2019expressivit\u00e9 du tout, en tenant \u00e0 distance l\u2019\u00e9rotisme, auquel Delfino rem\u00e9die en \u00ab\u00a0d\u00e9nudant le nu\u00a0\u00bb, en enlevant tout signe et en cherchant du corps une forme plus authentique, une vitalit\u00e9 plus vraie.    <\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Si le monde de Delfino s\u2019adresse aux suggestions provenant d\u2019un monde antique et disparu qui croit en la beaut\u00e9 comme harmonie et dans le destin comme \u00ab\u00a0livre\u00a0\u00bb d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, celui de Chiara Coccorese s\u2019adresse en revanche \u00e0 un autre lieu de survie du \u00ab\u00a0mythe\u00a0\u00bb. C\u2019est un endroit confortable et inqui\u00e9tant qui est celui du conte de f\u00e9es. Gr\u00e2ce \u00e0 une approche narrative de la photographie de sc\u00e8ne, Coccorese reconstruit un monde en utilisant le langage r\u00eaveur de l\u2019enfance. Une \u00e9tape de l\u2019existence marqu\u00e9e par une approche gnos\u00e9ologique du jeu : en construisant son propre univers, on r\u00e9p\u00e8te le r\u00e9el afin de le rendre familier, en y jouant comme si celui-ci pouvait \u00eatre disponible, domestiqu\u00e9. L\u2019optique mythique sert pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 embellir et \u00e0 personnifier les \u00ab\u00a0quatre saisons\u00a0\u00bb, par exemple, afin de cr\u00e9er un pont anthropologique avec la Nature indiff\u00e9rente par rapport au destin et \u00e0 la douleur humains, dont Giacomo Leopardi a laiss\u00e9 un testament absolu dans le Dialogue de la Nature et d\u2019un islandais.    <\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Dans cette reconstruction, l\u2019artiste est interpell\u00e9 par un travail de miroirs r\u00e9fl\u00e9chissant sa propre image. Aspect conceptuel d\u2019une photographie qui fournit une vision surr\u00e9aliste, amusante et amusante, mais cherche un contact avec les aspects les plus id\u00e9aux de la photographie : l\u2019autorialit\u00e9, le rapport entre le sujet et l\u2019objet photographi\u00e9, la pr\u00e9sence de l\u2019auteur dans l\u2019\u0153uvre. Comme nous l\u2019a enseign\u00e9 le chef-d\u2019\u0153uvre auroral de Diego Vel\u00e1zquez, Las Meninas, l\u2019auteur de l\u2019\u0153uvre peut en faire partie \u00e0 travers un regard qui rend \u00e9vidente son autorit\u00e9. Coccorese le fait \u00e0 l\u2019automne, o\u00f9 elle met en sc\u00e8ne un personnage f\u00e9minin plong\u00e9 dans une sc\u00e8ne de saveur automnale. Le fond est peint, les arbres sont faits de fruits et de baies, le sol est peupl\u00e9 de feuilles s\u00e8ches et de noix la femme est faite de bois. Tout est faux pour que ce soit vrai. L\u2019id\u00e9e de la marionnette est ici mise au centre d\u2019un jeu dont l\u2019auteur est le deus ex machina, la cr\u00e9atrice d\u2019une sc\u00e9nographie qui poss\u00e8de les caract\u00e8res d\u2019une narration qui ne porte nulle part, comme une fable \u00e0 peine esquiss\u00e9e \u00e0 lire en profondeur, comme l\u2019\u00c9pouvantail crucifi\u00e9, plut\u00f4t que dans la d\u00e9tente chronologique. On s\u2019attend \u00e0 une histoire, mais les travaux de Coccorese sont li\u00e9s \u00e0 une vision qui ouvre une dimension du r\u00e9cit qui relie les inqui\u00e9tudes du r\u00eave et la simplicit\u00e9 de la fable \u00e0 un symbolisme enfantin.        Coccorese illustre les chapitres d\u2019un r\u00e9cit qui se d\u00e9roule comme un r\u00eave, comme un conte de f\u00e9es d\u00e9structur\u00e9, dans lequel les personnages et les paysages ne sont plus ensemble mais vont chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Un monde de couleurs comme dans la chocolaterie dirig\u00e9e par ce Tim Burton \u00e0 qui Coccorese pourrait \u00eatre redevable, si seulement son travail penchait r\u00e9solument vers la direction du grotesque au lieu d\u2019opter pour une v\u00e9ritable veine dramatique et ludique qui l\u2019approche du th\u00e9\u00e2tre des masques italien et qui, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la tradition napolitaine, sait \u00eatre si riche en couleurs et en personnages. <\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">La photographie de Coccorese commence l\u00e0 o\u00f9 Andy Warhol a termin\u00e9 et de cette prise de conscience que la photographie de sc\u00e8ne a m\u00fbri, confirmant l\u2019intention des artistes de photographier des mondes qu\u2019ils ont eux-m\u00eames cr\u00e9\u00e9s. La fin de l\u2019image \u00ab\u00a0par exc\u00e8s d\u2019images\u00a0\u00bb proph\u00e9tis\u00e9e par Warhol, qui s\u00e9rigraphiait des photos \u00ab\u00a0vol\u00e9es\u00a0\u00bb aux m\u00e9dias, conduit \u00e0 la fin de la photographie pens\u00e9e comme r\u00e9cit du r\u00e9el et fait na\u00eetre un nouveau monde qui a bien d\u00e9crit un \u00ab\u00a0photographe jongleur\u00a0\u00bb comme Vik Muniz, en utilisant la maxime : \u00ab\u00a0Il n\u2019y a plus rien \u00e0 photographier. Si vous voulez photographier quelque chose de nouveau, vous devez d\u2019abord le cr\u00e9er\u00a0\u00bb. C\u2019est la naissance d\u2019une photographie qui enregistre un monde cr\u00e9\u00e9 sp\u00e9cialement pour elle, souvent pour un seul battement de son obturateur.  <\/div>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"position: absolute; left: -10000px; top: 23px; width: 1px; height: 1px; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden;\">Nicola Davide Angerame<\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/alessiodelfino.com\/newsite\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Erbetta2-950x592.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1013\" src=\"http:\/\/alessiodelfino.com\/newsite\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Erbetta2-950x592.jpg\" alt=\"Erbetta2-950x592\" width=\"950\" height=\"592\" srcset=\"https:\/\/alessiodelfino.com\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Erbetta2-950x592.jpg 950w, https:\/\/alessiodelfino.com\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Erbetta2-950x592-300x187.jpg 300w, https:\/\/alessiodelfino.com\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/Erbetta2-950x592-590x368.jpg 590w\" sizes=\"(max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">Paolo Erbetta Arte Contemporanea<br \/>\n<\/span><\/strong>Italy 71100 Foggia Via IV Novembre 2 +390881723493 http:\/\/www.galleriapaoloerbetta.it info@galleriapaoloerbetta.it\n<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">19 d\u00e9cembre 2009 &gt;28 f\u00e9vrier 2010<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Nicola Davide Angerame et Paolo Erbetta<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: large;\">Inauguration Samedi 19 d\u00e9cembre 18,30 &gt; 21,30 <\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Horaires : Lundi &#8211; Samedi 11,00 &#8211; 13,00 \/ 17,00 &#8211; 20,30. le mercredi et le jeudi sur rendez-vous<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est comme si je devais lire dans la Photographie les mythes du Photographe, fraternisant avec eux, sans trop y croire\u00a0\u00bb.<br \/>\n<em>Roland Barthes, La chambre claire<\/em><\/p>\n<p>Le double personnel \u00e0 la Galerie Paolo Erbetta expose les r\u00e9cents travaux d\u2019Alessio Delfino (1976 Savona) et Chiara Coccorese (1982 Naples), deux artistes qui \u00ab\u00a0jouent\u00a0\u00bb avec la photographie au sens litt\u00e9ral et m\u00e9taphorique : \u00ab\u00a0litt\u00e9ral\u00a0\u00bb parce qu\u2019ils aiment tous deux consacrer de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 la construction de leurs d\u00e9cors; \u00ab\u00a0m\u00e9taphorique\u00a0\u00bb parce que dans ce jeu avec la photographie c\u2019est la m\u00eame photo qui est mise en jeu dans sa nature de reproduction objective du r\u00e9el et devient projection de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>Tarots est la nouvelle s\u00e9rie photographique de Alessio Delfino, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9sentation des vingt-deux arcanes majeures du Tarot marseillais, dans la version command\u00e9e dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVe si\u00e8cle par le duc de Milan Filippo Maria Visconti qui repr\u00e9sente la plus haute expression du tarot dans les si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Dans son travail de plus de dix ans, le jeune photographe savonais a plac\u00e9 la femme au centre de son travail comme objet d\u2019\u00e9tude. Dans les Tarots, la force du symbole s\u2019entrem\u00eale au pouvoir s\u00e9ducteur du corps. C\u2019est L\u2019Imp\u00e9ratrice le premier clich\u00e9 de cette recherche \u00ab\u00a0sapientielle\u00a0\u00bb qui interpr\u00e8te le tarot en version f\u00e9minine. L\u2019homme est soumis au destin, comme il l\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin, qui se superpose \u00e0 lui dans un jeu de renvois. Le Diable voit en sc\u00e8ne un homme soumis au pouvoir muliebre. Dans une soci\u00e9t\u00e9 la\u00efque et marqu\u00e9e par l\u2019exaltation du self made man, l\u2019id\u00e9e de destin n\u2019a gu\u00e8re suivi. En effectuant une op\u00e9ration pop, Delfino trouve le moyen de parler de ce \u00ab\u00a0destin\u00a0\u00bb qui a \u00e9t\u00e9 pendant des si\u00e8cles une v\u00e9ritable obsession culturelle pour l\u2019homme. Sans le destin, il n\u2019y aurait pas de po\u00e8mes anciens, de trag\u00e9die grecque, d\u2019astrologie et bien plus encore, y compris le Tarot. La femme fatale des Tarots de Delfino vient de l\u00e0. En utilisant le style n\u00e9o-baroque, la photographie de Delfino parle d\u2019un monde entendu comme \u00ab\u00a0grande repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb et de la vie comme un parcours d\u2019assujettissement, plus ou moins volontaire et conscient, au pouvoir du symbolique. Il le fait en r\u00e9unissant quelques rep\u00e8res, d\u2019Erwin Olaf \u00e0 Helmut Newton, en passant par David lachapelle. Si Delfino admire les atmosph\u00e8res vintage et \u00e9l\u00e9gantes, \u00e9vocatrices et myst\u00e9rieuses, il appr\u00e9cie l\u2019utilisation de mod\u00e8les dot\u00e9s d\u2019une beaut\u00e9 post-f\u00e9ministe, plus consciente et aux traits agressifs, d\u00e9cisionnistes, manag\u00e9riaux, voire sadiques.            Enfin, Delfino a un certain go\u00fbt pour le jeu, pour le clin d\u2019\u0153il et pour un baroque qui, si en lachapelle on conna\u00eet les fameux exc\u00e8s ultrapop et mani\u00e9ristes, En Dauphin, ils restent calmes pour ne pas rompre l\u2019\u00e9quilibre impos\u00e9 par le s\u00e9raphin afflig\u00e9 des cartes du destin. Une voix flateuse, celle de L\u2019Imp\u00e9ratrice, qui jaillit d\u2019une symbiose postmoderne o\u00f9 la photographie utilise toutes ses possibilit\u00e9s pour cr\u00e9er un espace o\u00f9 les sens et les symboles peuvent flotter avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dramatique, sans perdre la profondeur d\u2019une sensation originelle et sans sombrer dans les fastes d\u00e9suets de la rh\u00e9torique. Comme le fait remarquer Roland Barthes dans son livre capital, pour celui qui regarde \u00ab\u00a0c\u2019est comme si\u00a0\u00bb il devait \u00ab\u00a0lire dans la Photographie les mythes du Photographe, en fraternisant avec eux, sans trop y croire\u00a0\u00bb. La photographie de Delfino produit un tel effet de fascination non-violente, de s\u00e9duction ludique, d\u2019hilarit\u00e9 s\u00e9rieuse donnant \u00e0 l\u2019image la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre lue sur plusieurs plans.   <\/p>\n<p>Dans la s\u00e9rie Femmes d\u2019or pr\u00e9c\u00e9dente, Delfino m\u00fbrit une abstraction et une dramatisation du nu. Apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 deux s\u00e9ries \u00e0 la transformation du corps en paysage et \u00e0 la transfiguration de la viande en \u00e9criture fine de lumi\u00e8re, Delfino arrive \u00e0 une s\u00e9rie o\u00f9 il utilise la peinture dor\u00e9e sur des mod\u00e8les non professionnels, pour offrir un tissage diff\u00e9rent \u00e0 la peau et d\u00e9finir un autre rapport entre la viande, la lumi\u00e8re et la photographie. Coinc\u00e9s dans d\u2019\u00e9pais cadres dor\u00e9s, filles d\u2019un certain go\u00fbt baroque pour l\u2019exc\u00e8s, ces fragments de corps dansants deviennent des objets voluptueux et dramatiques. La consistance \u00e9th\u00e9r\u00e9e des masses, la plasticit\u00e9 des volumes corporels et l\u2019harmonie des formes d\u00e9terminent une photographie sculpturale, dans laquelle le corps assume une valeur spirituelle. Le fragment corporel permet de mieux saisir l\u2019expressivit\u00e9 du tout, en tenant \u00e0 distance l\u2019\u00e9rotisme, auquel Delfino rem\u00e9die en \u00ab\u00a0d\u00e9nudant le nu\u00a0\u00bb, en enlevant tout signe et en cherchant du corps une forme plus authentique, une vitalit\u00e9 plus vraie. Si le monde de Delfino s\u2019adresse aux suggestions provenant d\u2019un monde antique et disparu qui croit en la beaut\u00e9 comme harmonie et dans le destin comme \u00ab\u00a0livre\u00a0\u00bb d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, celui de Chiara Coccorese s\u2019adresse en revanche \u00e0 un autre lieu de survie du \u00ab\u00a0mythe\u00a0\u00bb. C\u2019est un endroit confortable et inqui\u00e9tant qui est celui du conte de f\u00e9es.    <\/p>\n<p>  Gr\u00e2ce \u00e0 une approche narrative de la photographie de sc\u00e8ne, Coccorese reconstruit un monde en utilisant le langage r\u00eaveur de l\u2019enfance. Une \u00e9tape de l\u2019existence marqu\u00e9e par une approche gnos\u00e9ologique du jeu : en construisant son propre univers, on r\u00e9p\u00e8te le r\u00e9el afin de le rendre familier, en y jouant comme si celui-ci pouvait \u00eatre disponible, domestiqu\u00e9. L\u2019optique mythique sert pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 embellir et \u00e0 personnifier les \u00ab\u00a0quatre saisons\u00a0\u00bb, par exemple, afin de cr\u00e9er un pont anthropologique avec la Nature indiff\u00e9rente par rapport au destin et \u00e0 la douleur humains, dont Giacomo Leopardi a laiss\u00e9 un testament absolu dans le Dialogue de la Nature et d\u2019un islandais. Dans cette reconstruction, l\u2019artiste est interpell\u00e9 par un travail de miroirs r\u00e9fl\u00e9chissant sa propre image. Aspect conceptuel d\u2019une photographie qui fournit une vision surr\u00e9aliste, amusante et amusante, mais cherche un contact avec les aspects les plus id\u00e9aux de la photographie : l\u2019autorialit\u00e9, le rapport entre le sujet et l\u2019objet photographi\u00e9, la pr\u00e9sence de l\u2019auteur dans l\u2019\u0153uvre. Comme nous l\u2019a enseign\u00e9 le chef-d\u2019\u0153uvre auroral de Diego Vel\u00e1zquez, Las Meninas, l\u2019auteur de l\u2019\u0153uvre peut en faire partie \u00e0 travers un regard qui rend \u00e9vidente son autorit\u00e9. Coccorese le fait \u00e0 l\u2019automne, o\u00f9 elle met en sc\u00e8ne un personnage f\u00e9minin plong\u00e9 dans une sc\u00e8ne de saveur automnale. Le fond est peint, les arbres sont faits de fruits et de baies, le sol est peupl\u00e9 de feuilles s\u00e8ches et de noix la femme est faite de bois. Tout est faux pour que ce soit vrai.  <\/p>\n<p>      L\u2019id\u00e9e de la marionnette est ici mise au centre d\u2019un jeu dont l\u2019auteur est le deus ex machina, la cr\u00e9atrice d\u2019une sc\u00e9nographie qui poss\u00e8de les caract\u00e8res d\u2019une narration qui ne porte nulle part, comme une fable \u00e0 peine esquiss\u00e9e \u00e0 lire en profondeur, comme l\u2019\u00c9pouvantail crucifi\u00e9, plut\u00f4t que dans la d\u00e9tente chronologique. On s\u2019attend \u00e0 une histoire, mais les travaux de Coccorese sont li\u00e9s \u00e0 une vision qui ouvre une dimension du r\u00e9cit qui relie les inqui\u00e9tudes du r\u00eave et la simplicit\u00e9 de la fable \u00e0 un symbolisme enfantin. Coccorese illustre les chapitres d\u2019un r\u00e9cit qui se d\u00e9roule comme un r\u00eave, comme un conte de f\u00e9es d\u00e9structur\u00e9, dans lequel les personnages et les paysages ne sont plus ensemble mais vont chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Un monde de couleurs comme dans la chocolaterie dirig\u00e9e par ce Tim Burton \u00e0 qui Coccorese pourrait \u00eatre redevable, si seulement son travail penchait r\u00e9solument vers la direction du grotesque au lieu d\u2019opter pour une v\u00e9ritable veine dramatique et ludique qui l\u2019approche du th\u00e9\u00e2tre des masques italien et qui, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la tradition napolitaine, sait \u00eatre si riche en couleurs et en personnages. La photographie de Coccorese commence l\u00e0 o\u00f9 Andy Warhol a termin\u00e9 et de cette prise de conscience que la photographie de sc\u00e8ne a m\u00fbri, confirmant l\u2019intention des artistes de photographier des mondes qu\u2019ils ont eux-m\u00eames cr\u00e9\u00e9s. La fin de l\u2019image \u00ab\u00a0par exc\u00e8s d\u2019images\u00a0\u00bb proph\u00e9tis\u00e9e par Warhol, qui s\u00e9rigraphiait des photos \u00ab\u00a0vol\u00e9es\u00a0\u00bb aux m\u00e9dias, conduit \u00e0 la fin de la photographie pens\u00e9e comme r\u00e9cit du r\u00e9el et fait na\u00eetre un nouveau monde qui a bien d\u00e9crit un \u00ab\u00a0photographe jongleur\u00a0\u00bb comme Vik Muniz, en utilisant la maxime : \u00ab\u00a0Il n\u2019y a plus rien \u00e0 photographier. Si vous voulez photographier quelque chose de nouveau, vous devez d\u2019abord le cr\u00e9er\u00a0\u00bb. C\u2019est la naissance d\u2019une photographie qui enregistre un monde cr\u00e9\u00e9 sp\u00e9cialement pour elle, souvent pour un seul battement de son obturateur.   <\/p>\n<p>Nicola Davide Angerame<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paolo Erbetta Arte Contemporanea Italy 71100 Foggia Via IV Novembre 2 +390881723493 http:\/\/www.galleriapaoloerbetta.it info@galleriapaoloerbetta.it 19 d\u00e9cembre 2009 &gt; 28 f\u00e9vrier 2010 par Nicola Davide Angerame et Paolo Erbetta Inauguration Samedi 19 d\u00e9cembre 18,30 &gt; 21,30 Horaires : Lundi &#8211; Samedi 11,00 &#8211; 13,00 \/ 17,00 &#8211; 20,30. le mercredi et le jeudi sur rendez-vous \u00ab\u00a0C\u2019est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1013,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[20,21],"tags":[],"class_list":["post-1016","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-events","category-solo-shows"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1016","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1016"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1016\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3418,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1016\/revisions\/3418"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1013"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1016"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1016"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alessiodelfino.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1016"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}